Histoire
Sites archéologiques
La commune conserve de son histoire la plus lointaine de nombreux sites archéologiques :
- nombreux tumuli (tombes) de l’âge de Bronze
- trois sites de domaines agricoles gallo-romains
- un tronçon de voie romaine Saint-Flour – Chaudes-Aigues avec des traces visibles d’un pont sur le ruisseau des Terres
- une carrière de sarcophages du haut Moyen-âge
Le château du Buisson
Un château, aujourd’hui disparu, s’élevait au lieu-dit le Buisson. Divers documents attestent l’existence d’une famille portant ce nom aux XIIIème et XIVème siècles.
En 1268, un jugement reconnaît que le château et la Seigneurie du Buisson relèvent en hommage du Prieur de Saint-Flour. Dans cet acte figure la délimitation de la Seigneurie.
Cette terre passe ensuite, par mariages ou ventes, à d’autres familles dont celle des Lastic qui la conserve jusqu’en 1801.
Le seigneur du Buisson bénéficiait d’une faveur particulière : A l’occasion de l’entrée de chaque évêque dans la ville de Saint-Flour, le seigneur du Buisson, qui est son vassal, a le privilège de conduire par la bride le cheval de l’évêque, de la porte des Lacs à la cathédrale. Le seigneur du Buisson prend alors possession de ce cheval et de son harnachement.
Le château de l’évêque
L’évêque a fait élever une forteresse à Villedieu. Mais les consuls et les habitants de Saint-Flour, se rappelant les attaques subies par leur ville à partir du château d’Alleuze par les bandes de Barnard de Garlan dans les années 1380, exposent au roi Charles VII les dangers courus par la ville en cas de prise du château de Villedieu par des troupes ennemies. Ils rappellent que l’évêque a fait construire ce château sans l’autorisation du roi ou de ses officiers. Le roi Charles VII, par une ordonnance du 25 juin 1444 donnée à Tours, ordonne le rasement du château.
L’église
Elle est classée Monument Historique, et a subi une restauration extérieure complète en 2001-2002.
Origine
Un événement miraculeux du Xième siècle est, selon la tradition, à l’origine de l’église. Un cultivateur labourait son champ lorsque ses bœufs s’arrêtèrent en face d’un fourré de ronces. Il les excite de la voix et de l’aiguillon mais les animaux refusent d’avancer.
Le laboureur s’avance, écarte les ronces et aperçoit une petite image de la vierge rayonnante de clarté. Il la porte au curé de la paroisse qui décide de la transporter en procession à Saint-Flour. Mais on la retrouve à la même place… Alors les habitants, comprenant que la Vierge a choisi ce lieu pour y être honorée, décident de lui élever une nouvelle église.
Cette image de la Vierge fait partie du groupe énigmatique des « Vierges noires, qui ont suscité des récits miraculeux, sont devenues des objets de légendes transmises par la tradition orale. Ce sont des Vierges guérisseuses et protectrices ; celle de Villedieu rend l’usage des jambes. Attirées par l’écho des miracles accomplis, les foules se pressent, au cours de pélerinages, vers leurs églises, et attendent d’elles les secours face aux calamités qui les frappent.
Ces Vierges noires sont les héritières d’un long passé de croyances, les dernières descendantes d’un culte rendu aux déesses-mères depuis la Préhistoire.
L’évêque de Saint-Flour possède à Villedieu une forteresse qu’il utilise comme résidence d’été. Pierre d’Estaing, désireux d’avoir une église digne d’un évêque, d’honorer la mère de Dieu par un monument qui réponde à la sainteté du lieu et de satisfaire à la dévotion des pélerins qui arrivent nombreux à Notre Dame de Villedieu, fait raser la nef romane et construire, à partir de 1363, la nef et le chœur actuels de style gothique. L’édifice ne fut pas achevé ; Pierre d’Estaing est nommé archevêque de Bourges en 1367.
La Tour romane
De l’édifice roman, construit au XIème siècle, sous le vocable de Notre Dame du Rozanet, il subsiste la tour carrée, bâtie en tuf rougeâtre. A l’intérieur, la tour est divisée en deux étages. Au niveau de la nef est située la chapelle aux voûtes d’arêtes surbaissées soutenues par des arcs d’ogives du XVème siècle.
Sur un autel trône la statue de la Vierge en bois de chêne doré. Elle a dû être restaurée et représentait peut-être autrefois une Vierge assise. Dans le socle qui la supporte sont conservées trois reliques dont un morceau de linge de la Vierge noire qui passe pour être celle trouvée miraculeusement dans les ronces.
Au-dessus de la chapelle est une seconde salle. Une coupole hémisphérique de 9.35 mètres de haut la recouvre.
Une vitrine protégée permet l’exposition d’une partie du riche mobilier de l’église.
Sur la tour romane se dresse le beffroi octogonal et la flèche du XIXème siècle. La hauteur totale atteint 42 mètres.
La nef et le chœur gothiques
Cet édifice est construit par assises régulières en pierres de Bouzentès finement taillées. Le chœur pentagonal ferme la nef à trois travées. La voûte suspendue à 13 mètres de hauteur est soutenue par des arcs qui retombent sur des groupes de colonnes, adossées aux murs, aux chapiteaux décorés de feuillages variés. Six baies, dont deux géminées, et une rosace à dix lobes répandent la clarté.
Douze contreforts à ressauts, couronnés d’un pinacle en triangle contrebutent la poussée de la voûte de la nef et du chœur. Certains corbeaux de la corniche du chœur sont décorés d’énigmatiques et provocantes figures humaines ou animales.
Deux portes de l’édifice gothique sont murées ; celle du Nord donnait accès aux bâtiments des chanoines du chapitre. Le grand portail est divisé en deux vantaux par un meneau formé de colonnettes accolées. De part et d’autre sont placées diverses figures très mutilées rapportées de l’édifice roman.
Sur le tympan, une statue de la Vierge est placée sur un fond de fresque délavée avec l’inscription latine : « Salut reine des Cieux, salut reine des Anges ». Remarquons l’association d’un cadran solaire et de l’inscription latine : « Entre et adore le soleil qui n’a pas de déclin ».
A l’intérieur de l’église, il faut arrêter son regard sur l’autel et son retable qui est une véritable bible de bois, le dais de l’évêque, les stalles, le lutrin, le baptistère, la dalle funéraire d’un prêtre, la fresque des attributs de l’évêque, la roue à clochettes de Saint-Martin.
Ces pièces sont classées Monuments historiques et inscrites à l’inventaire supplémentaire.
Les mégalithes
La Planèze de Saint-Flour est le lieu avec la plus grande concentration de mégalithes en Auvergne avec une densité particulière sur les communes de Seriers, Les Ternes, et Villedieu.
Le dolmen de la Tombe du Capitaine, bien conservé, est constitué de deux supports et d’une dalle de couverture.
Il est le seul en Auvergne à posséder sur la dalle une gravure composée de traits qui relient de petits trous circulaires ; sa signification reste inconnue.
Des fouilles effectuées en 1880 puis 1969 ont mis au jour des traces d’ossements, des fragments de vases et des silex.
Le site de Pierre Levée rassemble 3 monuments : un menhir et deux dolmens, en partie détruits, enchâssés dans un tumulus. Les fouilles de 1969 ont permis de reconstituer la construction des ces dolmens-tumulus vers 2200 avant JC et leur réutilisation vers 700 puis 400 avant JC.
Patrimoine géologique
Le Nord-ouest de la commune au-dessus des villages de Bouzentès et Ribeyrevieille fait partie géologiquement de la Planèze de Saint-Flour, vaste plateau volcanique formé par la superposition de coulées de lave.
La nappe superficielle est ici la coulée de basalte doléritique dite nappe de Bouzentès. Exploitée depuis des siècles pour la pierre de taille dans les carrières de Bouzentès, cette lave a joué dans l’économie locale un rôle comparable à celui de la pierre de Volvic aux environs de Clermont-Ferrand.
Cette pierre locale était utilisée pour la construction (bâtiments divers, monuments : églises, monuments aux morts, funéraires), la sculpture, la fabrication d’auges et d’abreuvoirs pour les animaux. L’éventail de production s’est élargi : rénovation du bâti ancien, dallage et pavage de rues, mobilier urbain, aménagement et décoration des maisons particulières, …
Actuellement, cinq entreprises travaillent la pierre de Bouzentès ainsi que les pierres d’origines diverses. Elles participent fortement à l’identité de la commune.
Gastronomie
La commune de Villedieu fut dès la fin du XIXème « la réserve à patates » de la région sanfloraine. Cultivées dans la terre sablonneuse dite « terre de Varenne », les pommes de terre étaient renommées pour leur finesse et leur goût.
Mais, victimes des mutations de l’agriculture, les « truffeiras » (champs de pommes de terre) disparurent peu à peu des paysages à partir de 1970.
Remise à l’honneur lors de fêtes de terroir, la pomme de terre est aujourd’hui cultivée par sept agriculteurs regroupés dans « l’Association des producteurs de pommes de terre du Pays de Villedieu ». Ces agriculteurs sont engagés dans une charte de production qui vise à obtenir un produit de qualité conciliant la culture traditionnelle et les méthodes modernes de plantation et de récolte.
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